Réfugiés

Regarde le lion flanqué dans le mur
Il t’épie dans ton faire , dans l’agir et le dur
Te lever à l’aube, garnir nombre de fioritures
Quand oublié des tiens, de par ses entournures
Il demeure immobile, imagé, les siens, hors de tes murs.

Les cris-destin saliront le nom du Créateur
A crever la blancheur immaculée acquise à la sueur
De toi, de vous et ceux qui prônent la Valeur
Les êtres ternes, tourmentés, assommés de torpeur
Auront enfin la joie immense de goûter la saveur
Corps et courbes alanguis, à présent dressés dans l’horreur
N’auront à cette heure rassasiée de vomir la douleur
Quand tout s’exécutera dans un ouragan aboyeur.

Un ressac d’abondance de chair découpée près du coeur
Sur vos faces animales se dessinera la stupeur
Enfin dépositaires des fièvres que seules les clameurs
Échappées de l’ouvrage des Lumieres, grand ambassadeur
Vous tenaient en haleine éclairant vos plaines molles et leurs lueurs.

Ainsi qu’il est écrit, Tout refluera de la mer
La lettre s’échappera du Livre pour gagner la guerre
Chacun de vos murs érigés face à ces déserts
S’effondrera contre le poids mortifère
De ceux qui établissent leurs sanctuaires
Puisque l’on ne ne peut compter de paradis sur terre
Ni l’espérer, le mesurer, l’étreindre , l’acheter pour ses pairs
Enfin remaniés , les cartes à l’envers lointaine chimère .
Alors, racines imprégnées et sombres attraperont la terre
Se mêleront à l’unisson de vos hymmes amers
Et fourmilleront intensément , misérables vers de terre.

L’autre lion prendra forme dans le derme déclencheur
Le souffle animé d’un vent rincé et déjà menteur
Fort à croire que d’une peau accouchera la misère
De celle qui emporte tout, le Tout éphémère
Farandole folle, accepte enfin ta mise en biere
Que cesse le vent-mauvais et vienne le calme grêle .

Nantes, le 20 septembre 2016

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En retombant sur Breton.

De même, […] beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces ; ou encore , comme l’incertitude des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région cervicale postérieure; […] et surtout , comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie.

Comte de Lautréamont
 » Les chants de Maldoror »

Selon Breton, Aragon et consorts une merveille de texte surréaliste.
Je partage. Comment faire plus beau ?

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Encombrement

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Zut, elle n’a pas vu, elle n’a pas vu.

Elle m’a juste regardé dans ma globalité. Je suis dans mon coin, je tremble, il ne faut pas, je vais la décevoir. Je vois sa main souple s’approcher, elle me saisit, me pose et me regarde avec un intérêt évident. Je suis gênée, c’est sûr elle ne sera pas satisfaite de moi. Impression d’être usée, vieille et incapable.

Elle ne le sait pas, nous n’avons aucun moyen de communiquer, quelle guigne ! J’aurais des choses à lui dire.
Comment lui faire comprendre que je ne suis pas celle qu’il lui faut ?

Et voilà qu’elle m’allonge, ouvre ma fermeture Eclair et commence à détailler mes formes, non je ne veux pas.

Je suis confuse, je pense à sa réaction et sa déception ultérieures. Pour l’instant elle agit doucement, je ne suis pas sa priorité. Elle réfléchit , j’aime bien ce joli pli que cela dessine sur son front et cela me donne de l’espoir .
Je suis encore à l’étage, parfois, il fait un peu froid, à d’autres moments arrive un chat rose pâle, il sent mes entrailles, pose une patte sur mes bords ainsi qu’un regard sombre. Je ne comprends pas. Que me reproche-t-il, ce chat ?

Plus tard, un autre chat roux, plus jeune me tourne autour rapidement avec un air surpris. Celui-ci m’agace, il ne comprend pas. L’autre si, je le crains.
Je ne me sens pas bien, la lumière est allumée et je préfère l’ombre. Quelque chose se trame, c’est certain, et je n’ai pas d’allié, je suis seule.

J’ai mal en dessous, au niveau de mes rouages, une blessure qui n’a jamais été soignée, pas même identifiée. Je ne peux plus marcher, elle va être dépitée, qu’attend-elle de moi ? Peut-être l’aider à se rassembler ici un moment avec moi et me remiser dans le noir après un petit (ar)rangement ?

Les jours passent, elle m’oublie, j’entends en bas qu’on rigole, que quelques bouteilles s’ouvrent, des gens rentrent, rient, discutent fort et s’en vont. Je l’entends alors taper des heures sur son clavier.

Elle monte tard et s’allonge près et moi, enfin, je suis à ses pieds. Elle dort maintenant dans le calme de sa chambre, hormis les allées et venus de ces chats sournois, le silence est de mise. Le plus vieux des deux me grimpent dessus au petit matin. Aucun égard, son poids accentue la douleur de mes douleurs.

De là où je suis posée, je vois la pluie ricocher contre la fenêtre, pourvu qu’elle n’ait pas l’idée de me relever et me sortir par pareil temps…

Fuir. Mais comment ? Je ne suis pas conçue pour la dérobade, plus pour l’expédition.

Un matin, elle se lève plus tôt, elle ouvre les placards, entre temps elle m’a lancé un paquet de LU au chocolat — non merci, je n’ai vraiment pas faim.
Voilà l’instant tant craint et et l’effroi s’installe.

D’abord des vêtements savamment choisis me réchauffent aux entournures, puis une trousse à « savonnage en tout genre », enfin quelques livres qui enserrent mes viscères qu’elle finit par tirer et boucler les unes aux autres sans ménagement.

Puis, c’est fini, elle me ferme sur moi-même, l’obscurité se fait et je dois faire avec tous ces objets qui frottent mes organes capitonnés.
Le moment du dépit approche, je pourrais sentir son souffle alors qu’elle me soulève et tant que je suis dans ses bras, cela reste agréable.

Déposée dans la pièce du bas et m’ouvre pour faire le point. Le vieux chat rose me fusille du regard. Mais enfin pourquoi ce chat me haît autant ?
Sa maîtresse s’agite sacrément tout clavier en avant, ordinateur, tablette, téléphone. Elle communique, improvise un message d’absence, voilà je suis cuite.

J’ai compris, on s’en va, il pleut, ma douleur me crispe, c’est une catastrophe.

Des bruits extérieurs , un tour de clé, elle me porte à nouveau, l’espoir grandit, a-t-elle compris que je suis hors d’usage ? Une dernière porte se ferme, puis je suis lâchée sur le macadam. Raté.

J’essaie, ah oui j’essaie encore, mais comme prévu j’ai mal et je roule mal. Je l’entends grommeler et s’arrêter sur ma blessure. Constat, réflexion et voici qu’elle me traîne jusqu’au train, s’installe et me place contre sa cuisse dans le compartiment du TGV. L’amie qui l’accompagne écoute son agacement et sa consternation. Je voudrais lui dire que cela pourrait s’arranger, qu’on change bien les roues des voitures, mais cela ne semble pas si facile.

Il est trop tard, il faut partir. Son amie la rassure, elle ira chercher un charriot à l’aéroport puisque je ne suis bonne à rien. Après, elle me balanceront sur le tapis dès l’heure de l’enregistrement. Elle rajoute qu’à Kyoto elle se débarrasseront de moi, j’apprends tout cela sans ménagement…

Je suis atterrée. Une roue, juste une roue… je suis résumée à ça. Pourtant, une fois l’avion en vol, c’est bien moi qui veille sur ces affaires coincée entre une centaine de congénères dont une madame Vuitton qui me dévisage avec le même mépris que le chat rose, mais je me doute que c’est pour d’autres raisons.

Une roue se balade dans la soute, et si, et si… les autres m’aidaient à me retaper et me dépoussiérer, elle me garderait peut-être ? Je ne sais pas comment ils recyclent les valises au Japon, mais une consœur m’explique qu’ils nous découpent et nous transforment en compartiments qui protègent des ustensiles pour dépouiller les baleines…

C’est bête, j’aimais bien cette maison et ses étages et même que je me serais habituée aux chats et même que eux aussi, plutôt que la nouvelle qui va rappliquer et qui de toute façon sera moche.

C’est bête.

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Rafale

Place Royale, à Nantes, un camion de pompier déposé par un enfant.

Place Royale, à Nantes, un camion de pompier déposé par un enfant.

L’attentat, la tuerie, le carnage, la terreur, des gentils utilisateurs de crayons de bois, broyés, l’émotion débordante, les larmes qui déferlent telles des balles, l’unité, les rassemblements spontanés, les flics, partout, la crispation, la colère sourde, le chagrin qui s’abat, la course poursuite, les meurtres, la traque, l’attente, la prise d’otage, les armes à feux, les coups de feux, dès le matin qui suit. « Il n’y a pas de lien« , « il existe des connexions« . Confusion.

L’incompréhension, la sidération, l’angoisse accolée aux talons des déplacements, la minute de silence, 12 heures, les regards échangés dans les trains, les trams. Ceux qui cherchent le contact, ceux qui le fuient. Paroles, invectives. Y a qu’à demander. Tout est possible.

L’entrepôt, l’assaut, les hélicos, la nuit qui tombe, à Paris, les otages sortent de l’hypermarché, cris sourds, désarmés, police hurlante, acculée.

Les corps au sol, magasin éventré, les discours funestes des illuminés, les détonations, la fumée dans les écouteurs branchés sur l’oreille. La fin. La gare de Nantes, le discours du Président (je vous fais une lettre, si vous avez le temps).

Mon Samsung qui s’éteint, le journal à la main, couverture noire, « Je suis Charlie », boule dans la gorge, visage livide du contrôleur qui ne contrôlera pas…

Gare de Tours, un jeune militaire, treillis ajusté et mitraillette en bandoulière. Le petit frère de chacun d’entre nous, trop jeune pour être armé.

Retrouver des amis, le chat indifférent aux affaires humaines, un verre de sauvignon à la santé de notre liberté que l’on décide de défendre. Liberté touchée. À terre. Pas morte. Se lever, vivre, survivre.

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Espace-temps

cerveauDans l’unité gériatrie aigüe où j’attends l’interne invisible, je regarde mon père qui tente de me suivre, il déambule dans le couloir, petits pas, regard vide, la tristesse m’accable.

Je descends à la cafétéria de l’hôpital, histoire d’y trouver un semblant de vie. Tandis que je bois un café, un type m’accoste, pas grand, mince, bien sapé, belle gueule, la cinquantaine grisonnante (existe-t-il une alternative à la cinquantaine grisonnante ?).

Me regardant l’air surpris, il me dit que l’on se connaît. Je soupire. J’aime bien les hommes, mais rares sont ceux qui m’approchent de la sorte. Mon style, mon âge, ma propre distance. Un costume de circonstance. De plus, aujourd’hui, j’ai une tête de cadavre.

Je rétorque :

– Non, je ne crois pas.

– Mais si, insiste t-il, Théo, avocat au barreau de Paris, on a travaillé ensemble à la 23e chambre, il y a une quinzaine d’années !

Je lève les yeux sur lui, abasourdie. Théo… retour dans le passé, ici.

– Je sais dit-il, étrange endroit, mais je suis du coin, tu ne te souviens pas? Mon père est hospitalisé à l’unité Alzheimer depuis quatre jours, et toi ?

Pareil, pareil mon gars, oui, d’accord on va discuter, mais je te préviens, je me sens fatiguée.

La 23e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, le vieux Palais sur l’île de la Cité, la Sainte-Chapelle, la Conciergerie…

Je respire en même temps que je suffoque. Deux organes se livrent bataille en moi. Le cœur qui bat la chamade et mon cerveau qui s’accorde une respiration mentale à mon insu.

Théo, putain… Tu sors d’où ? Tu as vieilli et moi aussi ; oh non, toi t’es bien, j’te jure, t’es gentil, il faut que je remonte, je dois voir l’interne.

– Ah, moi aussi, le docteur X, il est bien. Le nom du gériatre invisible.

Une fois dans l’unité fermée, Théo s’éloigne dans le couloir et presque immédiatement, le docteur X se dirige vers lui. Mon père et moi devrons attendre, question de statut social. Je croise ma mère dans la chambre de mon père, elle me demande s’il sera présent avec nous le jour de Noël. Euh… Et il me faut répondre quelque chose pour enrayer son angoisse. Elle regarde fixement bien au-delà de mon crâne, sa mine est dévastée. Le crabe rongeur qu’elle abrite depuis trop longtemps lui sort par les yeux.

Le docteur X finit par venir et nous dire l’essentiel. Il faut que je parte, les larmes de ma mère, vite de l’air.

En fuyant le service, je discerne Théo au loin en grande discussion avec une jeune infirmière. Vite, dehors.

Un bus passe au pied de l’hôpital, il regagne vaguement le centre ville. Quelques arrêts plus loin, un type monte avec son chien. Il pue la bière, s’écroule sur un siège. De grandes canettes dépassent de son sac à dos défoncé. Il me rappelle quelqu’un. Je tourne la tête et regarde par la vitre défiler la ville. Décorations de Noël, des gens partout qui s’agitent hors et dans les magasins. Les illuminations des rues soulignent l’attente de ce moment de joie. L’arrivée du Christ parmi nous : mon cul…

Soudain, le machiniste freine brusquement entre deux stations. Pas normal. Les gens secoués, malmenés, râlent et expriment leur désapprobation. Le chauffeur se lève et se rue vers le type à canettes :

– Vous voyez pas toute votre bière qui s’écoule par terre, non ? Ça pue, c’est dégueulasse et le respect des autres ? Vous connaissez, hein ? Je rentre au dépôt après, c’est encore moi qui vais me taper le ménage, j’en peux plus! Vous comprenez, où je vous vire ?

Le type à canettes se lève et fait mine de nettoyer le sol avec son blouson pourri. Le chauffeur lui hurle de rester assis et d’attacher son chien. Des insultes violentes fusent entre les deux hommes. Personne n’a bougé. Que dire ?

Le calme est revenu, puis, plus tard, le type à canettes se tourne vers moi, alors même que nous sommes pas loin d’être une cinquantaine dans ce bus.

– Vous avez des mouchoirs ?

Je lui lance mon paquet de Kleenex. Il se lève et nettoie tant bien que mal le sol imbibé. Auparavant, il a attaché son chien au siège avec sa ceinture. Le jean du type lui tombe à la moitié des fesses, il ne s’en rend pas compte, semble faire de son mieux. Le chauffeur regarde la scène dans le rétroviseur d’un air las et épuisé.

Le gars se relève. En essayant de se rhabiller, il me tend le reste du paquet, je luis fais signe de le garder, il me fait un geste de la main.

Guist’hau, je descends de cet engin, plombée d’une sourde nausée. Quel monde vilain. Décadent, cruel, difforme, un monstre.

Arrivée chez moi, je pose les clés sur la commode de l’entrée, puis je file vers la salle de bains, avec l’envie obsessionnelle de me purifier.

Enfin, je me couche, allume la radio. Daho, que j’ai vu il n’y a pas si longtemps sur scène, conclut cette journée :

« Mais au matin, les dauphins se meurent de… saudade… ouh, yeah ! »

Je change de station, une émission intello sur France Culture que je ne cherche même pas à comprendre. Pas d’émotion, c’est tout.

Cependant, Jean-Christophe Rufin parle de médecins qui comprendraient les âmes avant la maladie, encore un hasard ?

Je ferme les yeux, l’image de la tisanerie de la salle de repos, à la thalasso de La Baule, face à l’océan, me traverse l’esprit. Envie que l’on m’enveloppe de boue de la baie de Bourgneuf, et d’une piscine d’eau de mer chauffée à 33 °C.

(Dites 33)

Je sais bien que c’est régressif. Un chemin virtuel vers la matrice, et puis. Nous sommes tous des humains tricotés par les vents de passage. Le reste n’est que vaste farce. Et une cuite au muscadet, là, ça me fait trop peur. Je vieillis !

Oui, des mammifères, « action, réaction ». Cerveau reptilien, et le reste du temps on fait bonne figure et on apprend.

A propos de mammifère, je pense aussi à une amie qui vient de perdre son chat avec lequel elle vivait depuis seize ans. Une perte douloureuse pour qui sait cela.

Cette amie aime à penser que, quoi qu’il arrive dans l’existence, il nous faut demeurer debout et droit, et ne pas se voûter sous le poids du chagrin.

Demain matin, je me lèverai pour me rendre dans cette boîte noire qui nous sert de tribunal, à Nantes, où des humains jugent d’autres humains.

J’essaierai, oui je ferai en sorte d’être debout et bien droite, car enfin, quoi qu’il advienne encore, je n’ai plus peur. Je suis déjà allée au bout.

Nantes, le 10 décembre 2014

 

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Moi plus / pas écrire

La sieste« Que la paresse soit un des sept péchés capitaux nous fait douter des six autres. »

Robert Sabatier

Le Livre de la déraison souriante

« Paressons en toutes choses, hormis en aimant et en buvant, hormis en paressant. »

Carl Friedrich Lessing

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Angoisse

Faut bien ranger

Faut bien ranger

Matière en fusion, magma incandescent, bouillonnant. Big-bang perpétuel car confiné dans une boîte crânienne étroite et réduite à enfermer le flot de mauvaises ondes, le flux des idées noires. Pulsations rapides, tempête cognitive, ça cogne aux tempes des hublots, ça claque au vent, esprit à bout de souffle, grosse vague à l’âme.

Méninges comprimées à fond de cale, matière grise noircie et poisseuse qui heurtent les barreaux pour s’échapper de l’abîme, l’orage mental qui dégringole, échauffe les sens, déchaîne crainte et douleur. Ohé du bateau !?

Vite le naufrage approche, traverser cet ouragan ravageur qui s’agite là, dans un périmètre bouclé et borné et manoeuvrer vers cet ancrage où attend un être libre qui offre l’asile.

Allonger la machine, et déposer le barda, cette boule d’angoisse et de plomb, engin meurtri par une panne invisible. Remisé à l’abri, le rafistolage mystérieux s’opère alors.

Aventure calme et immobile, présence apaisante. La tempérance, la carte du tarot se dessine. L’être libre sait. Rien ou peu à expliquer. Amadouer l’ogre dévoreur de raison, fléchir la bête irritée, modérer son souffle. Une énergie tranquille circule enfin. Le moteur emballé retrouve son ralentit, les poings, les dents serrés, tout est désarmé.

Tempes décrispées qui ouvrent les hublots à l’air libre, qui va et vient tranquillement.

– Faites cesser les néons clignotants, la fureur et le bruit !

– Oui, je peux vous aider, laissez-moi faire.

Aux soigneurs savants dénués de médicaments, éthologues d’humains du XXI siècle.

 

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