Archives mensuelles : juin 2012

En attendant d’en finir avec la finitude

« Sur les dieux, je ne puis rien dire, ni qu’ils soient, ni qu’ils soient pas. Trop de choses empêchent de le savoir, d’abord l’obscurité de la question, ensuite la brièveté de la vie humaine ».

Protagoras.   485-410 avant JC.

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Paris tenté

Paris, place de la NationJ’avais oublié jusqu’à ton cœur saturé qui palpite, palpite toujours intensément. A peine arrivée, tu m’enveloppes brutalement et je dois me protéger pour ne pas m’essouffler trop vite. Déjà, prise au piège de tes artères mouvantes, de ta moiteur âcre et pesante, tu me sembles menaçante, peut-être même un peu furieuse au travers de tes sonorités stridentes, anarchiques.

Je me plie une fois encore à ta violence, pourtant tu me récupères au creux de toi comme l’une de tes nombreuses conquêtes – il t’en faut toujours plus jusqu’à la nausée, le trop-plein.

Moi, je ne fais que passer, ok ? Ne m’emprisonne pas et puis laisses-en partir quelques-uns, regarde, ils étouffent, ils sont pâles, exsangues. Dieu, qu’ils sont laids ! Il faudrait que tu consentes à leur rendre leur liberté et leur raison. Ce n’est pas ta faute, tu dis. Tu es belle, attrayante et en plus, il paraît que tu donnes beaucoup. Je pense aux années où tu me volais mon âme parfois, souvent.

Puis, je t’ai fuie et patiemment je l’ai retrouvée. Elle s’est dégagée de ta toile pour me rejoindre vers l’Atlantique, là où le vent balaie tes chimères.

Aujourd’hui, accompagnée de « gardes du cœur », je contemple tes hauts, et de ces hauteurs, ta présence bleutée, gigantesque et magnétique. Tout autour de nous et dans chacun de nous, il y a cette étincelle que toi seule sait allumer.

Oui, tu es belle, colorée, vivante, incroyablement vivante malgré ce qui te gangrène, le trop-plein, ai-je dit. Enfin tu vois bien que c’est excessif de contenir tout cela ? Et tu me dis encore que ce n’est pas ta faute, qu’ils viennent tous se faire dévorer par toi parce que eux aussi, ils ont faim.

Je t’imagine moins vaste, moins agitée, moins bruyante, moins sombre, moins folle, moins sale, moins sophistiquée, moins capricieuse, moins diva, moins…

Et je finis par te dire en me délivrant te toi pour partir que le moins l’emporte toujours.

Dans le TGV, le 14 mai 2012.

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Entretien

Ces regards obsédant le mien. Comprendre, écouter, continuer sa propre démarche vers l’inadmissible, s’arranger avec sa conscience. Mal de tête, venin, homme aux yeux sombres et fêlés, âme blessée. Homme enfermé pour du menu fretin qui décline doucement son identité, ses liens avec son monde décousu, le moment où il a dépendu son père, décroché de son histoire, là-bas au fond du garage. Cet instant qui n’est plus qu’un cri muet, une ombre qui le poursuit et dont il ne peut se départir. Le jour est devenu une lumière confuse, il ne le dit pas, mais il l’exprime. Vingt-deux ans et une vie à remplir telle une longue absence. A moins qu’il ne fasse… comme papa. De toute manière, il est parti ailleurs, loin. On pourra toujours le faire repartir entre quatre murs, il demeure sous un ciel sourd où personne ne l’entend.

Nantes, le 13 juin 2012.

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