Archives mensuelles : janvier 2013

Paradoxe

« Le chemin du paradoxe est le chemin du vrai. Pour éprouver la réalité, il faut la voir sur la corde raide. »

Oscar Wilde
Extrait du Portrait de Dorian Gray

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Mon ami Adam ! seconde réflexion.

Au jardin d’Eden.
Eve prend la main d’Adam et la serre fort.
« est-ce que tu m’aimes ? »
Adam, la regardant, surpris :
« Est-ce que j’ai le choix ? »

Humour juif

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2013, welcome

Les astres attirent follement les êtres en ce début d’année. Une petite bonne femme s’en est allée ce matin les rejoindre. Serrée dans les bras de son compagnon, cette fois elle est partie pour de bon.
A la vie, à la mort ces deux-là. Accidentés de cette vie, toujours en mal de repartir, de la peine à rejoindre les biens-pensants, les valeureux, les « intégrés-intégristes » parfois, bien qu’évidemment, cela soit trop simpliste de l’écrire ainsi.
Disparue du monde où l’on vit, lui devra demeurer debout, sans déraper, sans déboucher, sans faiblir. Le monde où l’on vit lui demande. Et puis ?

J’aimerais poser quelques questions aux astres en ce début d’année. Certains se sont alignés ou quelque chose comme ça. L’attraction semble forte, comme ici-bas, les mauvaises actions, les addictions, la maladie, la violence, la guerre. Le tout est d’être concerné parce que, n’est-ce pas, cela se passe dans le monde où l’on vit, je crois. A moins que l’on puisse reprocher quelque chose aux astres? Ah, non…

Si ça tourne pas rond grand frère, on sera là. On regardera les étoiles les prochaines nuits d’été et tu verras, tu t’apaiseras. Aucune de ces fichues étoiles n’auront répondu à nos questions, mais on s’en fout, ça ira quand même, tu verras.

A Jean-Louis.

Nantes, le 13 janvier 2013.

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Recueillement

Falaises de MescherPassage de la lumière au travers des vitraux au nombre de trois au dessus de l’autel. A droite, saint Georges, le prénom de mon père. Au milieu sainte Anne. Anne se tient devant moi dans une travée de l’église pleine comme un œuf. Je ne me souviens plus du troisième saint, à gauche, qui ne m’évoque aucun vivant. Pourtant, ils m’auront parfois aidée à concentrer mon regard au-dessus de la scène qui se « jouait » devant nous.

Un cercueil, des bougies, la grande silhouette digne de notre amie, sa mère, la famille, les amis. Un œuf plein que cette petite église de Charente-Maritime.

Des textes de l’évangile qui nous lient et nous réchauffent quelle que soit l’idée que l’on a de Dieu. Un écrit magnifique et limpide lu doucement par notre amie, hommage à son père. Voix douce qui apaise et émeut aux larmes.

Tels des piliers au milieu de la foule, elles sont là, présence clairsemée, toutes de grande taille, visibles et recueillies. Fait du hasard, nous, les trois plus petites, sommes alignées derrière. Ainsi positionnée en amont, je déploie mon regard sur leur immobilité, laquelle traduit la gravité de l’instant. Habituellement, tout ce petit monde s’agite davantage, nous n’avions jamais eu encore (toutes ensemble) une telle posture.

Puis nous suivons notre amie vers un ultime endroit, avant la disparition de cet objet massif qui attire le regard autant qu’il fait baisser la tête, selon le baromètre du « cœur qui cogne ».

Dans la salle, la voix de Piaf nous rappelle qu’elle ne regrette rien au terme de sa propre lutte pour vivre, Ferrat emmène certains au creux de l’enfance et au pied de la montagne lointaine. Brel claque sa vérité sur l’amour et l’amitié.
Dehors, dans la grisaille, ça se mélange et tous ont du mal à partir ; après ces rituels qui nous rassemblent, que va t-il rester ?

Notre roulotte se déplace alors vers la maison familiale, les manteaux et les écharpes tombent, les visages se délient, notre amie nous enjoint à reprendre notre place, accompagnée par une maman qui connaît intuitivement la place de chacune.
Les cigarettes électroniques se déclenchent dedans, les vraies clopes s’allument dehors, un bouchon de crémant donne de la voix, certaines veulent voir la mer, l’une d’entre nous explique le chemin. Notre amie rectifie un itinéraire qui n’était pas du tout le bon, on se serre sur les canapés, faut rentrer mais on a encore le temps, certaines ont décidé de dormir là, d’autres – qui conduisent – demandent à boire une petite gorgée dans le verre d’en face. On se raconte des souvenirs mille fois entendus, on se trompe un peu sur les dates, on regarde des photos et on se marre pas mal.

On dit souvent « c’est ce qu’il aurait voulu ». Là, ici, maintenant, cela prend tout son sens.

À Karine et Danièle.

Tours, le 10 janvier 2013.

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Bonne année ! # 2

« Soyez vilain ou soyez beau, pour la santé, c’est kif-kif bourricot. »

Alphonse Allais

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