Archives mensuelles : août 2013

Fin

Non, je ne veux pas y retourner. Cette part de lui que je ne reconnais plus dans tous ces morceaux de moi qui se barrent, se font la malle, sauve qui peut, échappée belle.

Son chaos indescriptible, la faible lumière jaune qui hante ses yeux. Son teint cireux et sa maigre barbe qui ne planque pas davantage sa tête de mort-imminent.

Ce corps décharné qui l’enveloppe et le cache encore de l’engin qui finira par carboniser tout ça, ce bien peu qui demeure.

Ce rien qui reste et déambule tel un spectre chimérique, qui repassera en songe comme un cliché qui tressaute au cinéma.

Ce n’est plus lui, ce n’est plus vraiment moi qui parle, et le regarde.

C’est une épreuve, le devoir d’une fille à son père, mais ce père n’existe déjà plus. Mort sans cadavre, tel un disparu, mais où ?

Ce qui reste est une punition de l’existence et une condamnation à une mort prochaine qui adviendra un jour d’automne, jauni et blafard, à son image en somme.

Je n’aime pas le jaune. Le jaune qui pointe le bout de son nez.

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Ça suffit !

On ne me fera pas croire que Bachar est devenu fou. En voie de reconquérir les principales villes du pays et les régions qui vont avec, après plus de deux ans d’une guerre civile âpre et cruelle, il aurait gazé plus d’un millier de civils près de Damas ?

Mais enfin à qui faire croire cela ? Je ne sais pas qui est derrière cet acte horrible qui soudain fait tant frémir l’Occident, mais j’opterais plus pour ceux qui ont dévoyé une coalition anti-El Assad, déjà bien fragile. A qui profite le crime ? Peut-être à ceux qui souhaitent que l’Occident rapplique avec ses gros sabots et tape sur les « mimines » de Bachar, lequel serait décidément sur ce coup-là un bien piètre stratège !

Essayons de voir un peu plus loin et efforçons-nous de lever nos yeux de l’image, maudite télévision qui hante mes nuits, émissions de radios qui tournent en rond, presse écrite, oui, mais apolitique dans ce cas.

Quoi regarder ? L’Arabie saoudite bien sûr, ainsi que toutes les pétro-monarchies alliées de l’Egypte des militaires qui fond le ménage au Caire pour débarrasser le pays des Frères Musulmans. Pourquoi ? Parce que les Frères n’ont pas attendu d’être soulevés par un geyser de pétrole pour exister et s’organiser en confrérie. N’est-ce pas monsieur Saddate ?

Je ne trouve pas les Frères très sympas, entre nous, mais il ne s’agit quand même pas d’un parti de polichinelles né en même temps qu’une dynastie wahhabite (éponyme) de pacotille régnant sur l’or noir. Le mouvement frériste fout la trouille mais il a été élu démocratiquement, même si désormais la majorité des Egyptiens ont compris leur indigence politique. L’armée a commis un putsch détestable.

Je sais que je contredis mon post « Démos et kratos » mais j’assume. J’imaginais naïvement que l’armée organiserait une transition politique à laquelle les Egyptiens semblaient prêts. Mais l’Arabie saoudite veille, il ne s’agirait pas que les frères contaminent 28 millions d’habitants qui ne voient que rarement les dividendes du pétrole.

Le Qatar, l’émirat plus opportuniste, plus fiévreux d’injecter sa grosse monnaie, a voulu faire copains-copains avec les Frères. C’est davantage pour se situer dans la bonne mouvance qui monte et être dans le coup. Ils sont comme ça au Qatar, ils ne semblent pas tout comprendre, mais ils sont très riches… Et puis ils s’en foutent : 220 000 habitants dépolitisés (pour l’instant) ne leur font aucunement peur.

L’Iran, eh oui l’Iran. et on revient à l’actualité. Alliée de Damas, où plutôt de son président issu d’une confrérie alaouite-chiïte ultra-minoritaire en Syrie.

Avant que les djihadistes de toutes obédiences sèment la panique dans ce beau pays, c’est cela que voulait le peuple syrien fort de l’expérience tunisienne : déchoir Bachar.

On en est loin des Printemps arabes. Du début. De cet espoir fou qui vibrait là-bas au son des jeunes indignés. Cela faisait bouger les consciences grasses et endormies de l’Occident, cela donnait la chair de poule. Nous, nous sommes mortifères sur les ruines d’une Révolution française qui n’appartient plus qu’à l’Histoire. Endormis, endoloris par notre lourde sagesse. C’est tellement lourd à porter une vraie démocratie. Et puis c’est tellement ennuyeux d’avoir tous les jours que le bon Dieu fait, des leçons à donner à tout le monde…

Non, monsieur Fabius, je ne suis pas certaine qu’il faille y aller. C’eût été mieux deux ans avant. Pas « à la Bush » cherchant des illusoires armes de destructions massives en Irak après le 11 septembre (quel rapport ?).

Pas « à la Sarkozy « en Libye, avec photo du Colonel mort à l’appui, pas « à la Hollande » faisant remonter les combattants plus au nord du Mali. Et j’en passe car il fait chaud.

A force de s’en désintéresser à ce point, on peut quand même remercier le monde musulman d’être aussi divisé.

Merci donc aux chiites et aux sunnites d’être autant divisés. Nous on préfère, comme ça on peut continuer tranquille à roupiller.

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L’histoire d’un chat qui ne s’en laissait pas conter

LéonDans le bel univers qui est mien parfois,  au cœur duquel un être humain de belle compagnie régente bêtes et plantes tout en veillant sur les humains de passage ; eh bien, un jour d’été, surgit un jeune chat.

J’étais alors absente car occupée dans mon autre monde de l’Ouest, mais elle me raconta.

Jailli par la fenêtre du salon, il posa patte sur elle pour s’allonger derechef et glaner ses premières caresses. Nous ne l’avions jamais vu auparavant autour de la maison.

Roux tendre, quelques macules blanches autour du museau, de longues moustaches toutes « en avant, marche », des yeux bien ronds, un regard vif et curieux, un vrai « ronron » puissant et honnête. Un poil délicat et fin, le tout flegmatique et de très belle compagnie aussi.

Mince, s’en était fichu…

Baptisé Léon au cours de son premier casse-croûte officiel dans la maison, Léon accepta gentiment de se nommer Léon et trouva bonne et la table et l’habitante des lieux. Fini, j’vous dis. On était cuites. Il l’avait bien eue, il m’aurait forcément.

Nous passerons sur l’état émotionnel d’Apollo, le premier chat de la demeure. Espèce de vieux loup solitaire quelque peu irritable, Apollo se transforma un temps en tigre hirsute éructant des grognements et feulements épouvantables (revoir en référence la première version de L’Exorciste pour s’en faire une idée précise).

Léon, quant à lui, était bel et bien arrivé dans nos vies. Entièrement. Je veux dire en tant qu’individu unique, un et indivisible, bref, avec la totalité de ses attributs de reproduction (deux, je crois).

Détendu, relax, passionnément amical avec les humains, leur frigo et leurs mains dépliées sur son corps souple et svelte, Léon, malgré quelques fugues vers son foyer initial, finit par faire son choix, et s’installa avec nous. Il réussit l’exploit d’infléchir Apollo, devenu définitivement philosophe quant à la nature humaine, infidèle et versatile.

Fantasque, volage, passant de bras en bras, Léon occupait désormais l’espace à sa manière. Nature, affectueux, plaisant, souriant, un brun voleur et vandale. Allures cocasses, carapatant devant le vieux chat médusé, poilant que j’vous dis.

Le bougre eut même l’intelligence de considérer le protocole félin cher à Apollo I « Le Précieux » (pire que celui de la reine d’Angleterre).

Il apprit « au passage » à croiser le vieux rose apprêté, avec une haute considération, respectueux de son âge peut-être, mais aussi de ses obsessions maniaques, voire d’un snobisme qui n’est plus à prouver.

Le temps passa parce qu’il passe toujours, comme font les chats aussi si l’on y prête attention. Evidemment, nous nous sommes posé moult questions concernant la réelle nécessité de procéder à l’ablation de ses fameux attributs de mâle.

Cela donnait lieu parfois à des discussions drôles entre amis concernés et, ma foi, tant que Léon vivait tranquillement sa vigoureuse jeunesse, cela nous faisait plutôt sourire.

Comprenez, il était apparu ainsi, entier, libre de ses choix, évadé peut être d’une prison de chats (il en existe un tas).

Alors, en aucun cas, nous n’avions le droit de le décomposer, de le morceler, de l’amputer.

Léon le désinvolte, la star des BBQ, le pote sympa, toujours content de vous voir, que l’on imagine volontiers en marcel, accoudé à un zinc, une  pression à la patte et une Gitane maïs collée sous la truffe. Un poil frimeur, mais un gars simple et pas bagarreur.

Ce p’tit vaurien doit subjuguer les minettes avec son physique de jeune premier enjôleur. On suppose qu’il minaude davantage qu’il n’assaille.

C’est sans compter les autres… Les robustes, les costauds, les virils grincheux toujours prompts à venir lui chercher des noises, à notre Léon désormais en âge de s’enticher d’une belle croisée à la guinguette.

Alors, parfois, Léon est perturbé. Fort à parier que finalement ses fameux attributs corrompent sa légendaire bonne humeur. Il s’agite, se tourmente, semble inquiet, il est maigreux. Mais flûte, que faire ?

Il est amoureux et il semblerait qu’existe un rival. Vont-ils se retrouver une nuit sur le mur d’en face, le fleuret à la patte pour se départager ?

A quoi bon un tel affrontement ? Si jamais un chat – un vrai, un tatoué – lit ce blog, je lui demanderais bien de nous téléphoner pour nous conseiller. Pour info, les gars, James et Bubu ont nos coordonnées !

17 heures : merci, Apollo, de ton appel. J’ai bien entendu tes revendications concernant Léon mais, euh… comment dire ? Oui, c’est vrai, t’es tatoué, mais bon, pour le reste

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Pas de jaloux dans la grande famille humaine

« Rien n’est plus dangereux pour toi que ta famille, que ta chambre, que ton passé. »

André Gide, Les Nourritures terrestres

« La famille est une cour de justice qui ne chôme ni la nuit, ni le jour. »

Malcom de Chazal

« Si le père a pris trop de sel dans sa vie, le fils aura soif. »

Sagesse arabe

« Dieu ne pouvait pas être partout, aussi il dut créer la mère. »

Sagesse juive

« On ne peut exiger de la neige que de l’eau. »

Sagesse chrétienne

« L’ébréchure de la hache se reproduit sur l’entaille. »

Sagesse populaire

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