Archives mensuelles : septembre 2013

Impression

Plus loin, distance marquée, métrage aisément réalisable. Présence sourde, connue, notablement moins empreinte d’hostilité.

Soulignée par des tenues sombres, silhouette tendue, démarche lente, port qu’elle tente altier, impression singulière.

Regard toujours ailleurs lors des intersections obligatoires. Je n’existe visiblement plus pour elle. Je demeure en disgrâce, cependant, cependant ce qui sous-tend est la masse d’énergie qui sépare nos deux entités. Ce qui nous sépare, ce dont je parle, cette somme de rien, ce bloc de dédain apparent, tout cela est un trou noir qui semble l’aspirer parfois au gré des hasards et des rencontres fortuites, savamment évitées le reste du temps.

Cet espace invisible aux autres nous contient ainsi dans une posture étrange, qui parfois peut-être lui hurle l’inverse de ce qu’elle porte de préjugés, de ce qu’elle suppose indigne à sa seule vérité.

Ce qu’elle dérobe et dissimule à elle-même, ce voile immatériel, tout ça semble la brûler, la dévorer à son insu la plupart du temps.

Est-ce que ses tripes rejoignent enfin son esprit, à l’heure où ses yeux se ferment, l’emportant un temps à l’abri du dogme et des interdits ?

Devient-elle femme lorsque, étendue dans la nuit, elle rêve peut-être des profondeurs vertigineuses, qu’elle comble et recouvre une fois revenue des songes ?

Dans son silence, je devine, et si cela est réalité, alors je dis que ce serait la plus vraie des réparations qui soit faite au mal qu’elle m’a infligé, brisant de fait nos liens amicaux, et refermant les chaînes sur elle-même,  pour s’exposer encore davantage à l’enfermement et à la frustration.

Rien, hélas, ne m’est donné pour le savoir. L’invisible, tel Dieu, se niche partout. L’important est de le deviner et pas d’y croire à tout prix.

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Classé dans Les emmurés