Angoisse

Faut bien ranger

Faut bien ranger

Matière en fusion, magma incandescent, bouillonnant. Big-bang perpétuel car confiné dans une boîte crânienne étroite et réduite à enfermer le flot de mauvaises ondes, le flux des idées noires. Pulsations rapides, tempête cognitive, ça cogne aux tempes des hublots, ça claque au vent, esprit à bout de souffle, grosse vague à l’âme.

Méninges comprimées à fond de cale, matière grise noircie et poisseuse qui heurtent les barreaux pour s’échapper de l’abîme, l’orage mental qui dégringole, échauffe les sens, déchaîne crainte et douleur. Ohé du bateau !?

Vite le naufrage approche, traverser cet ouragan ravageur qui s’agite là, dans un périmètre bouclé et borné et manoeuvrer vers cet ancrage où attend un être libre qui offre l’asile.

Allonger la machine, et déposer le barda, cette boule d’angoisse et de plomb, engin meurtri par une panne invisible. Remisé à l’abri, le rafistolage mystérieux s’opère alors.

Aventure calme et immobile, présence apaisante. La tempérance, la carte du tarot se dessine. L’être libre sait. Rien ou peu à expliquer. Amadouer l’ogre dévoreur de raison, fléchir la bête irritée, modérer son souffle. Une énergie tranquille circule enfin. Le moteur emballé retrouve son ralentit, les poings, les dents serrés, tout est désarmé.

Tempes décrispées qui ouvrent les hublots à l’air libre, qui va et vient tranquillement.

– Faites cesser les néons clignotants, la fureur et le bruit !

– Oui, je peux vous aider, laissez-moi faire.

Aux soigneurs savants dénués de médicaments, éthologues d’humains du XXI siècle.

 

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1 commentaire

Classé dans Introspection

Une réponse à “Angoisse

  1. Beau texte. L’image aussi.