Réfugiés

Regarde le lion flanqué dans le mur
Il t’épie dans ton faire , dans l’agir et le dur
Te lever à l’aube, garnir nombre de fioritures
Quand oublié des tiens, de par ses entournures
Il demeure immobile, imagé, les siens, hors de tes murs.

Les cris-destin saliront le nom du Créateur
A crever la blancheur immaculée acquise à la sueur
De toi, de vous et ceux qui prônent la Valeur
Les êtres ternes, tourmentés, assommés de torpeur
Auront enfin la joie immense de goûter la saveur
Corps et courbes alanguis, à présent dressés dans l’horreur
N’auront à cette heure rassasiée de vomir la douleur
Quand tout s’exécutera dans un ouragan aboyeur.

Un ressac d’abondance de chair découpée près du coeur
Sur vos faces animales se dessinera la stupeur
Enfin dépositaires des fièvres que seules les clameurs
Échappées de l’ouvrage des Lumieres, grand ambassadeur
Vous tenaient en haleine éclairant vos plaines molles et leurs lueurs.

Ainsi qu’il est écrit, Tout refluera de la mer
La lettre s’échappera du Livre pour gagner la guerre
Chacun de vos murs érigés face à ces déserts
S’effondrera contre le poids mortifère
De ceux qui établissent leurs sanctuaires
Puisque l’on ne ne peut compter de paradis sur terre
Ni l’espérer, le mesurer, l’étreindre , l’acheter pour ses pairs
Enfin remaniés , les cartes à l’envers lointaine chimère .
Alors, racines imprégnées et sombres attraperont la terre
Se mêleront à l’unisson de vos hymmes amers
Et fourmilleront intensément , misérables vers de terre.

L’autre lion prendra forme dans le derme déclencheur
Le souffle animé d’un vent rincé et déjà menteur
Fort à croire que d’une peau accouchera la misère
De celle qui emporte tout, le Tout éphémère
Farandole folle, accepte enfin ta mise en biere
Que cesse le vent-mauvais et vienne le calme grêle .

Nantes, le 20 septembre 2016

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