Archives de Catégorie: Ecran noir

Réfugiés

Regarde le lion flanqué dans le mur
Il t’épie dans ton faire , dans l’agir et le dur
Te lever à l’aube, garnir nombre de fioritures
Quand oublié des tiens, de par ses entournures
Il demeure immobile, imagé, les siens, hors de tes murs.

Les cris-destin saliront le nom du Créateur
A crever la blancheur immaculée acquise à la sueur
De toi, de vous et ceux qui prônent la Valeur
Les êtres ternes, tourmentés, assommés de torpeur
Auront enfin la joie immense de goûter la saveur
Corps et courbes alanguis, à présent dressés dans l’horreur
N’auront à cette heure rassasiée de vomir la douleur
Quand tout s’exécutera dans un ouragan aboyeur.

Un ressac d’abondance de chair découpée près du coeur
Sur vos faces animales se dessinera la stupeur
Enfin dépositaires des fièvres que seules les clameurs
Échappées de l’ouvrage des Lumieres, grand ambassadeur
Vous tenaient en haleine éclairant vos plaines molles et leurs lueurs.

Ainsi qu’il est écrit, Tout refluera de la mer
La lettre s’échappera du Livre pour gagner la guerre
Chacun de vos murs érigés face à ces déserts
S’effondrera contre le poids mortifère
De ceux qui établissent leurs sanctuaires
Puisque l’on ne ne peut compter de paradis sur terre
Ni l’espérer, le mesurer, l’étreindre , l’acheter pour ses pairs
Enfin remaniés , les cartes à l’envers lointaine chimère .
Alors, racines imprégnées et sombres attraperont la terre
Se mêleront à l’unisson de vos hymmes amers
Et fourmilleront intensément , misérables vers de terre.

L’autre lion prendra forme dans le derme déclencheur
Le souffle animé d’un vent rincé et déjà menteur
Fort à croire que d’une peau accouchera la misère
De celle qui emporte tout, le Tout éphémère
Farandole folle, accepte enfin ta mise en biere
Que cesse le vent-mauvais et vienne le calme grêle .

Nantes, le 20 septembre 2016

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Hôtel des Amériques

Téchiné. Film culte 1981. Sommet d’une scène de fin. Apogée d’un acteur en totale maîtrise de son art. Un quai de gare, un homme broyé, un bruit de train, une salle de restaurant de gare vide où il avait l’habitude de la retrouver.
Tout y est, en quelques minutes…

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Blanca Nieves

A propos du film de Pablo Berger : Blanca Nieves, quelques commentaires pour le partage.

Au fil du film, l’image se révèle envoûtante, hommage à l’expressionnisme passé. Loin de la fureur et du bruit, une histoire sans paroles, l’auteur a recours aux fameux cartons de dialogues, mais il n’en abuse pas. Une œuvre attachante, avec parfois une belle violence et un sourd fracas.

Dans le désordre :

– la beauté définitive des femmes brunes du Sud ;

– l’appel sensuel du flamenco qui lui résonne puissamment ;

– l’amour, la mort, le deuil, l’exil, la renaissance, la destinée ;

– la bonté simple des bels gens ;

– la méchanceté habituelle des faibles de l’âme ;

– la Différence (toutes différences) balancée telle quelle sur l’écran, à l’état brut ;

– l’amour d’un père et de sa fille ;

– l’amitié réciproque d’un coq et d’une petite fille.

Au-delà, les personnages qui parlent trop sont les faibles de l’âme, les belles âmes se taisent davantage, pour ma part, je trouve ça bien.

Et au-delà encore, si en aucun cas et sur le fond, Pablo Berger ne remet en question la traditionnelle tauromachie andalouse, il fait mieux en donnant au taureau des rôles superbes, olé !

Blanca Nieves, un film muet en noir et blanc, lumineux, drôle, cruel comme l’est la vie, ou plus exactement notre rapport à l’existence.

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Amitiés !

« Un véritable ami vous poignarde en face« .

Oscar Wilde

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